31.01.2010
Le Petit-Château ou l'enfer des migrants
Avec une précision d’entomologiste , Léon-Michel Ilunga décrit la décrépitude physique ainsi que la déchéance mentale qui guettent les demandeurs d’asile, sevrés de leurs illusions, tout au long des méandres d’une procédure aux allures kafkaïennes.
Christophe Lamy, ancien élève des missionnaires, un brevet qui lui aurait valu en toute logique la confiance des prêtres catholiques chez qui il débarque, se retrouve au Petit-Château, c’est le nom d’une bâtisse militaire qui appartenait autrefois à la gendarmerie belge, transformée en centre d’accueil pour demandeurs d’asile dans le royaume de Belgique.
Un des moments clés de ce roman n'est autre que la découverte, sous le regard candide de Lamy, d'un microscosme peu avenant et d'un lieu d’enfermement qui ne dit pas clairement son nom.
Tout part de là et y ramène, le Petit-Château constitue le lieu focal d’une aventure dont la narration tient en douze chapitres brefs, autant d’étapes d’une expérience dysphorique mais quasi initiatique.
Par touches légères, Léon-Michel Ilunga nous fait vivre la découverte, par un migrant, des réalités d’un monde trop rationnel pour être humain , en dissonance avec des principes humanistes dont la Belgique se targue d’être la détentrice jalouse , aux yeux du monde, ce qui ne l’empêche pas de se cabrer, face aux flux jugés préoccupants de migrants.
Ce roman dur, écrit avec tact ne vise à aucune démonstration ; c’est la narration sincère et véridique autant dire fictionnelle d’une expérience traumatisante.
Le séjour au Petit-Château n’a rien d’euphorisant mais la faune que Lamy y observe se pare de couleurs vibrantes et inattendues. Le monde des réfugiés n’est pas celui des chattemites.
C’est le cas de la belle Aïssato qui est tout le contraire d’une carmélite. C'est une figure inoubliable par sa pétulance, ses coups fourrés, ses menteries d’une audace inouïe qui sont une arme de défense.
Pour Lamy , la vie ressemble désormais à une errance, au gré d’une procédure aseptisée avec ses épisodes tragi-comiques.Un aller et retour incessant entre espoir et découragement La procédure d'asile s'avère rébarbative par sa longueur et ses dysfonctionnements.
Du Petit-Château en résidences provisoires, de Bruxelles en Flandre, du monde francophone à son antipode flamand, dans une Belgique dont les déchirements et les tiraillements ne sont pas sans conséquences pour les demandeurs d’asile.
L’attente étirée en longueur permet à notre héros dérisoire de faire la connaissance des personnes qui lui apporteront un tant soit peu de lumière, de courage et de soutien.
Un duo amoureux s’esquisse parallèlement au ballet pathétique du demandeur d’asile ballotté, d’un lieu de résidence à l’autre.
Sur ce plan là aussi rien n’est simple mais sa rencontre avec Anna s’avère riche de promesses dès le départ. Leurs balades en vélo à travers la Flandre sont rendues avec grâce par l’écrivain.
Notre héros à son corps défendant se trouve sous le tir croisé de deux femmes et n’échappe au piège que lui tend Assaïtou que par miracle.
En réalité son choix est d’ores et déjà fait, ce sera Anna, amoureuse mais hésitante.
Quand tombe le verdict de l'Office des étrangers c'est la consternation, celui-ci sonne le glas des espoirs de notre migrant, forcé de retourner dans son pays.Heureusement l’amour est là pour lui donner la force d’affronter cette épreuve.
Le mot de la fin entrouvre un horizon plein d’espoir.
Léon-Michel Ilunga a su éviter les pièges et les facilités d’un récit didactique et moralisateur à bon compte. Il a évité tout aussi bien l’écueil d’une confrontation stéréotypée de cultures. Ses personnages sont véridiques et complexes. Le migrant est d’une étoffe convaincante et sa psychologie exposée avec tact dans une succession d’épisodes reparties en douze chapitres suggérant implicitement une descente aux enfers dans le souvenir de Dante.
Antoine Tshitungu Kongolo
Léon-Michel Ilunga, "Le Petit-Château, roman", Paris, L'Harmattan, coll. "Ecrire l'Afrique ."( 15,50 euros)
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26.01.2010
Haïti au cœur
Haïti fut le second pays indépendant des Amériques, en 1804, après avoir infligé une défaite mémorable aux troupes napoléoniennes.
Auparavant des Haïtiens avaient participé à la guerre d’indépendance des Etats-Unis aux côtés de Georges Washington.
C’est à Haïti que la Négritude se mit debout pour la première fois pour paraphraser un propos mémorable du poète Aimé Césaire.
C’est la seule des colonies des Amériques où des esclaves révoltés ont érigé une République , qui plus est imprégnée des idéaux de 1789.
22:16 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : haïti, séisme, solidarité, congo, alexis, roumain
18.01.2010
La BD africaine au Quai Branly
Trois jours pour mieux connaître la bande dessinée africaine. Ce sera les 4, 5 et 6 février prochains au Musée du Quai Branly à Paris, avec une journée d’études, la projection d’un documentaire et la rencontre avec des auteurs.
00:57 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd africaine, musée, quai branly, congo strip, tshitungu, paris
10.01.2010
Vernissage de l'exposition Congo Strip
19:23 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rdc, vernissage, bande dessinée, ambassadeur mova, pasteur mulume, antoine tshitungu
07.01.2010
Congo Strip: courrier 3
L'exposition Congo strip dédiée à la BD congolaise est visible jusqu'au 31 janvier 2010. En bonus deux visites guidées sont prévues les jeudis 14 et 21 janvier 2010 à 14h00.
Inscription sur info@afromedia.be, merci d'envoyer nom, mail et téléphone pour confirmer votre présence.
23:56 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bande dessinée, rdc, visites guidées, tshitungu, asd, uvv
Congo strip: le courrier 2
En Afrique Noire, le Congo détient la palme enviée de pionnier de la bande dessinée puisque les premières réalisations dans ce domaine datent d’il y a 80 ans ou peu s’en faut.Cette primogéniture ne tient nullement du hasard. Bien d’analyses et des témoignages qui ont ponctué la journée d’étude au KVS, le décembre 2009, en ont fait la démonstration : les Congolais ont été fascinés par l’art des bulles alors même qu’en Europe, il était loin encore d’avoir conquis ses lettres de noblesse. Fascination et appropriation se sont conjuguées au diapason d’une culture où la dimension de participation collective ainsi que la portée éducative de l’art sont considérés comme essentiels.
23:38 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bande dessinée, rd congo, kvs, tshitungu, mova
Matongazet ou Matonge sans clichés
Matongazet offre un espace d’expression aux habitants du quartier Matonge et à tous ceux qui ont peu ou prou des attaches avec ce quartier devenu mythique et dont la célébrité déborde les frontières de la Belgique.
Matongazet entend dévoiler dans ses rubriques les mille et un visages d’un quartier porté aux nues par les uns, vilipendé voire voué aux gémonies par les autres.
Matongazet c'est 10.000 exemplaires tous les deux mois; le magazine est gratuit.
23:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : magazine asd, tshitungu, ixelles, bruxelles, kinshasa




